De Cartagena à Tanger

(actualisé le ) par Jean-Philippe

Jeudi 15 novembre 2018

Départ de Cartagène en direction de Estepona. Le vent est dans le bon sens mais pas régulier et pas très fort. En conséquence encore pas mal de moteur mais il faut vraiment sortir de cette Méditerranée.

On fait une petite escale technique à Almerimar sur le coup de 5 h 00 du matin le lendemain. FRI doit refaire du gasoil et on espère y rester 2-3 h afin de faire un bon brunch et un point météo. L’accueil y est pour le moins « mitigé » et il nous faudra vite repartir.

Finalement on continue direction Gibraltar pour une deuxième nuit. Cependant, en continuant ainsi on y arrivera trop tôt pour la marée. Nous décidons alors d’une deuxième petite escale technique à Sotogrande. On s’amarre au quai d’accueil et on s’octroie 3 heures de sommeil réparateur, au calme, à plat et sous la couette.
Au réveil c’est à notre tour de refaire du gasoil.

On repart direction Tanger à 10 h 00 afin d’être au niveau de Gibraltar à Pleine Mer +2 h 00. Vent de travers Vent Sucré file bien, tranquille sous Artimon et Génois partiellement roulé.

Nous en profitons pour fabriquer un drapeau du Maroc car nous n’en avons pas trouvé la dernière fois que nous avons touché l’Espagne. Un vieux drapeau bleu et rouge découpé, un peu de couture et de peinture et l’affaire est faite.

Ça y est, nous y sommes, nous voilà à la hauteur de Europa Point le phare à l’entrée de Gibraltar. En se mettant dans l’axe du détroit on se retrouve un peu plus vent arrière et le vent tombe en même temps que la pluie redouble d’intensité. L’horizon se bouche et le trafic devient dense. Il y a les cargos et les pétroliers qui rentrent ou qui sortent de Méditerranée, mais aussi les Ferries à Grande vitesse qui relient l’Europe à l’Afrique perpendiculairement… Nous sommes équipés d’un radar qui fonctionne vraiment bien. Nous avons également un émetteur/récepteur AIS afin de voir tous les navires commerciaux et pas mal de plaisanciers comme nous, mais aussi d’être vu de tout ce petit monde.
On continue un peu sous voile et moteur afin de ne pas trop perdre de temps sur la marée. On a nos quatre yeux fixés sur l’horizon et les différents écrans.

Après Algéciras le vent revient et la mer lève un peu. Le vent doit souffler à 25 nœuds et avec un loch pratiquement toujours au-dessus de 6 nœuds, quelques glissades à 9. Alors que le courant devrait s’inverser on garde toujours un courant de face d’environ 2 nœuds. On avance donc réellement au GPS à 4-5 nœuds. Après réflexion on pense que cela est dû au faible coefficient de marée du jour qui ne contrebalancera pas complètement la tendance naturelle de l’Atlantique à remplir la Méditerranée.

En arrivant au niveau de Tarifa nous obliquons direction Tanger sans être vraiment sorti du « rail » mais avec ce courant et l’heure qui tourne, on n’a plus trop le choix. On se retrouve plus grand largue, ce qui est plus confortable.

Encore quelques navires à éviter. Un vent tombant en s’approchant des côtes de Tanger, nous démarrons le moteur et accostons au quai d’accueil de Tanja Marina Bay à 20 h 00. Nous devons faire les démarches d’entrée : Police des Frontières, Douane et bureau de la Marina.
3 h 00 plus tard nous sommes légalement entrés au Maroc. Une douche, un petit repas et au lit, il est 1 h 00 du matin.